Les Ateliers Angus
Promoteur du projet :
Société des Terrains Angus
Nom du projet :
Réaménagement des Terrains Angus - Montréal (Québec)
Tiré du site de la société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL)
Description du projet
Contexte historique des Ateliers Angus
Situés dans l’est de Montréal, les Ateliers Angus, fondés en 1902, ont formé le principal complexe industriel d’entretien de trains et de locomotives du Canadien Pacifique et ont contribué au développement des quartiers résidentiels environnants, y compris les districts ouvriers du Plateau Mont-Royal.
En 1977, le Canadien Pacifique (CP) a décidé de confier à sa filiale, la Société Immobilière Marathon, la tâche de réaliser un projet commercial et résidentiel sur une zone de 100 acres de son terrain industriel dont il n’avait plus besoin pour ses activités ferroviaires. Ce projet de réaménagement des Ateliers Angus a amené la population à examiner de très près l’utilisation envisagée des terres et, en particulier, à se demander si le terrain serait destiné à un usage résidentiel ou commercial. La proposition de développement commercial de Marathon a été âprement contestée par les commerçants des rues voisines qui, craignant la concurrence écrasante d’un grand centre commercial, ont formé leur propre association. Ils ont réussi à convaincre l’administration municipale de faire du terrain une zone strictement résidentielle. À la suite de cette décision, Marathon a perdu intérêt dans le développement direct du terrain.
Évolution du réaménagement du terrain des Ateliers Angus
Quand la Société Marathon a perdu intérêt, le Comité de logement Rosemont, regroupant divers organismes communautaires locaux, a saisi l’occasion de ramener sur le tapis les demandes de logements sociaux que les groupes locaux avaient soutenues pendant plusieurs années. Le Comité a fait campagne pour que l’ensemble du projet soit constitué de logements publics à bon marché. Il a par ailleurs élaboré un plan d’aménagement avec le concours de professeurs et d’étudiants de l’Université de Montréal.
En 1983, la ville de Montréal et le gouvernement du Québec ont signé une entente visant la création d’un organisme sans but lucratif, la Société des Terrains Angus (STA), chargée d’acquérir le terrain et de le vendre à des promoteurs d’ensembles d’habitation à but lucratif et sans but lucratif. Le premier mandat de la STA fut d’élaborer un plan d’aménagement, de consulter la population et d’obtenir l’approbation des autorités municipales et provinciales. Dans le cadre de consultations publiques tenues en 1983 et en 1984, on a examiné la mixité sociale du projet, la répartition entre logements à but lucratif et sans but lucratif, et le plan d’aménagement urbain.
Le Comité de logement Rosemont a ensuite modifié sa position originale en matière de mixité sociale, préconisant désormais pour l’ensemble du projet un mélange d’habitations publiques, coopératives et sans but lucratif. En 1978, on a modifié la Loi nationale sur l’habitation afin d’y intégrer les programmes de logement à but non lucratif et coopératif, les programmes antérieurs ayant surtout été axés sur les logements publics.
Aspects physiques du plan de réaménagement
Un groupe d’étudiants travaillant sous la direction de Pierre Morisset, de l’Université de Montréal, a élaboré en étroite collaboration avec les organismes communautaires locaux un plan d’aménagement urbain qu’il a présenté aux audiences publiques tenues sur le projet. Les points saillants de ce document intitulé « plan démocratique fondé sur le point de vue de l’utilisateur » sont les suivants :
- Intégrer le projet dans le tissu urbain classique de Montréal;
- Recréer le quadrilatère type de la ville: trois étages, maisons en rangées à façade sur rue et terrain intérieur séparant deux rangées de bâtiments;
- Favoriser la diversité en divisant la rue en plusieurs projets tout en respectant une échelle globale;
- Empêcher la stigmatisation sociale en s’assurant que les bâtiments destinés aux résidants à faible revenu ne se distinguent pas des autres sur le plan architectural;
- Construire de petits projets aux identités architecturales différentes, variant selon la largeur et la hauteur des façades;
- Prévoir des places de stationnement dans la rue et des pelouses séparant le trottoir des limites de propriété;
- Prévoir des aires de stationnement, des voies piétonnières et des aménagements paysagers derrière les propriétés.
La Société des Terrains Angus a confié l’élaboration du plan d’aménagement du projet à Daniel Arbour & Associés. Le plan soumis incorpore bon nombre des éléments de l’étude Morisset et a fait l’objet d’un examen public. Voici les points saillants du document définitif approuvé :
- majorité d’unités d’habitation à deux ou à trois chambres pour les familles;
- diversité architecturale;
- majorité de bâtiments ayant 3,5 étages;
- petits parcs publics dotés de pistes cyclables et de sentiers de promenade;
- établissements commerciaux répondant aux besoins locaux;
- différents types de bâtiments : habitations jumelées, maisons à deux ou à trois logements, maisons à logements multiples et immeubles d’appartements;
- majorité des rues réservées à la circulation locale, et deux rues principales permettant une circulation plus dense ainsi que l’intégration du projet au quartier environnant;
- stationnement permis dans les rues, sauf sur les artères principales;
- différents types d’habitations dans chaque zone;
- continuité d’échelle entre les tronçons de rue;
- densité plus faible dans les rues locales;
- habitations pour personnes âgées à proximité des arrêts d’autobus, des espaces verts et des services commerciaux.
L’aménagement du quartier résidentiel Angus a commencé en 1984 et a duré 10 ans. La plupart des caractéristiques du plan original Morisset et Arbour ont été respectées, mais les bâtiments sont un peu plus uniformes qu’il n’avait été initialement prévu. Dans le traitement des ouvrages, les différences sont relativement rares entre les habitations privées à but lucratif et les logements sociaux. Ces différences touchent surtout la disposition des aires privées et semi-privées entourant les propriétés.
Adaptabilité à d’autres contextes
Le projet Angus fait partie des quelques grands projets de réaménagement qui ont été réalisés un peu partout au Canada par le biais de programmes de financement semblables visant la construction de logements pour ménages à revenu faible ou modeste, sur d’anciens terrains industriels situés dans de vieilles zones urbaines. (D’autres exemples comprennent False Creek à Vancouver et le projet St. Lawrence à Toronto.)
L’interruption ou le déménagement de diverses activités industrielles créent de nombreuses occasions similaires dans diverses municipalités canadiennes. Le projet Angus constitue un modèle de planification de grands projets d’aménagement résidentiel destiné à des ménages présentant des niveaux de revenu et des origines ethniques variés, de consultation des parties intéressées et de décontamination du terrain visé. La composition sociale et économique des destinataires d’autres grands projets du même type dépendra du financement offert par les différents paliers de gouvernement pour les logements abordables, ainsi que des règlements et initiatives des municipalités intéressées.
Partenaires techniques :
- Daniel Arbour & Associés
- Université de Montréal
Partenaires financiers :